Étude: les joueurs pro plus long au drive qu’avant?.. Pas tant que ça.

Chaque année depuis 2015, l’USGA et le R&A publient une étude sur l’évolution de la distance au driving sur les 7 tours professionnels*. Cette année encore plus , les résultats étaient très attendus. D’habitude publié en février, on attendait de ce retard des résultats inattendus.

Alors que le débat fait rage sur la distance, le rapport montrent des anomalies. Les précédents rapports annonçaient qu’en moyenne la moyenne au drive à augmenter de 18 centimètres par an depuis 2003. Mais celui de 2017 montre une augmentation de 2.70m par an. Le web.com Tour remporte la palme avec une augmentation de 5.50m.

Dans une déclaration commune, les deux entités régulatrices du golf évoquent qu’elles continuent à prendre en compte le problème de la distance. En effet, elles reconnaissent que cette augmentation a une impact sur les parcours. Les parcours doivent être plus longs et impliquent des coûts plus élevés d’entretien. Et en concluant que maintenir cette balance est cruciale pour l’intégrité du golf.

Malgré ces conclusions, il semble que rien de drastique ne soit prévu pour ralentir ou rétrécir la distance au drive des joueurs.
De plus, selon The Global Golf Post, un débat fougeux a lieu dans l’enceinte des 2 organisations sur la signification de ce rapport et de l’utilité a posteriri des données.

Un échantillon trop petit?

Les mathématiciens comprendront qu’avec seulement 300 000 drives mesurés par an face à un jeu vieux de plus de 500 ans et joué par 60 millions de personnes est statistiquement indistinguable de zéro. En ajoutant à ceci le nombre de variables qui peuvent faire augmenter la distance, il semble impossible de trouver les causes du problème.

Les temps changent comme les variables d’une étude

Les parcours et les conditions de jeu ont changé. Et la différence de matériel entre 2016 et 2017 est faible. La nouvelle chrome soft x n’avait pas encore fait son apparition et à Augusta, les drives étaient plus courts en 2017 qu’en 2016.

Sans évoquer chaque détails, les types de parcours et les conditions géographiques ont une influence sur la distance. Sur le Web.com Tour, les roughs sont moins haut et les parcours joués sont plus ouverts. Ce qui peut expliquer que les joueurs du Web.com une fois promus sur le PGA Tour, jouent plus courts. Il y aussi les conditions d’altitudes. A Mexico, les balles vont nettement plus loin qu’à Miami par exemple.

La condition du parcours aussi, est une variable intéressante à prendre en compte. Depuis des décennies, l’USGA et le R&A ont favorisé la réduction de consommation d’eau sur les parcours les rendant plus durs et secs. Le marron est le nouveau vert! Il est évident que des parcours secs font rouler la balle sur de plus longues distances contrairement à des parcours détrempés.

Et puis des joueurs longs, il y en a toujours eu. Comme Jimmy Thomson ou encore Tommy Armour golfeur du début du XXème siècle qui avaient tendance à flirter avec les 300 yards (env 275 mètres) au drive.

Un drive normal pour Jimmy (Thomson) est d’environ 300 yards The Game for a Lifetime: More Lessons and Teachings par Harvey Penick

Il est important de considérer ces variables extérieures lorsque l’on s’attaque à la distance, et le rapport est précautionneux à ce sujet. « En association avec la publication de ce rapport, l’USGA et le R&A vont mener une analyse compréhensive des impacts de l’accroissement de la distance sur le jeu et la santé générale du golf »  mentionne le rapport. « L’USGA et le R&A ont l’intention de consolider le travail mené précedemment par les 2 organisations, ainsi que les autres dans l’industrie du golf, concernnant les effets de la distance sur l’empreinte et le jeu. Elles conduiront à une recherche sur les mêmes sujets pour accroître la connaissance sur ce problème  et, le plus important, dans les prochains mois, engager les parties prenantes à travers l’industrie du golf pour développer une connaissance globale sur la distance »

En concluant sur le fait que les 2 entités sont résoluement engagé à assurer une futur durable et agréable pour le golf.

Le commissaire du PGA Tour met en garde contre ces données

Après la publication des résultats de l’étude, le commissaire géneral du PGA Tour à réagi en annonçant dans une email en anglais  à destination de ces membres qu’en fait, les joueurs étaient plus longs tout simplement parce qu’ils sont plus jeunes et plus athlétiques. En effet, une vitesse de swing plus rapide depuis 2007 et la moyenne d’âge n’a jamais été aussi basse sur le PGA Tour.

Il est intéressant de noter que depuis 2003, la moyenne d’âge d’un joueur du Tour baisser et son poids moyen a augmenté.Jay Monahan, commissaire du PGA Tour dans un email à ses membres

En sortant cette étude sans prendre en compte les variables géographiques, de température, d’altitude et condition du parcours, l’USGA et le R&A n’ont fait que soulever des anomalies. Les autres acteurs du golf tel que les fabricants ou encore les tours pros, ont réagit en admettant le contraire.
En formulant vouloir agir face aux drives de plus des longs des joueurs, les 2 entités régulatrice n’ont qu’âtiser les débats. Il est à espérer qu’un correction arrive vite et que cela n’aille pas plus loin. Façond de parler.

*L’étude complète de 24 pages est disponible en anglais ici 

Sur Nicolas BYKOFF

Ecrire sur le golf ? Pourquoi pas ? Cela fait plus de 10 ans que je joue au golf, et après avoir fait des stages d'arbitrages, eu ma licence d'agent de joueur, et avoir travaillé pendant trois ans en tant que starter, je m'octroie la légitimité d'écrire sur le golf.

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