À la recherche du swing perdu

À la recherche du swing perdu !


Les pneus de votre automobile, lentement, font crisser le gravier de l’allée menant au parking de votre golf. L’air embaume cette douce odeur de végétation printanière. Le soleil radieux, encore bas sur l’horizon, joue à cache-cache entre les troncs des arbres, créant des jeux de lumière irisée. Quelques oiseaux gracieux saluent avec enthousiasme votre arrivée. Quel matin parfait ! Une fois garé vous faites ces deux ou trois petits mouvements d’aise pour vous déplier et détendre ces muscles de félin qui bientôt vont être vos précieux alliés. Chariot déplié, sac installé et attaché, chaussures lacées… vous voilà prêt pour cette merveilleuse compétition tant attendue. Hier en fin de journée vous êtes venu vous entraîner. Les putts sont tombés, vos chips ont parfaitement obéit à votre petit jeu réellement prometteur. Quant aux longs coups… vous avez encore ce petit sourire d’aise sur le visage. Fluidité, souplesse, synchronisation. C’était un vrai bonheur de bien traverser la balle et la voir partir avec cette rectitude et ces petits effets très satisfaisants.

Restons modestes, disons, juste que vous vous êtes couché avec cette bonne dose de confiance quasi jubilatoire.

Histoire de vous “chauffer” vous prenez un seau de balle au distributeur et rejoignez un des tapis du practice. Vous saisissez un de vos sand-wedges, le faites tourner négligemment dans votre main et adressez quelques hochements de tête alentour à vos amis compétiteurs, toujours avec “ce” petit sourire de celui qui va claquer un gros score aujourd’hui. Mais shhhh… ne nous portons pas la poisse !

Cette première balle topée file, certes tout droit, mais au ras du sol comme un petit lapin. Vous souriez, agitant la tête de droite et de gauche en pensant très fort : “Allez concentre toi maintenant ! Ne sois pas trop détendu, ne bouge pas comme ça sur tes jambes”.  Vos doigts serrent plus votre grip, vos épaules remontent légèrement, bien “square”, bien solides et puissantes, le dos plus droit aussi avec ces fesses ressorties “comme si vous alliez vous asseoir sur un tabouret de bar”, vos cuisses et genoux se durcissent. Et c’est parti. Le bruit de votre fer heurtant le sol quinze centimètres derrière la balle vous fait plisser les paupières et assez perceptiblement, les muscles de vos mâchoires laissent apparaître une “certaine” énergie, oserais-je dire “contrariété” ?

“Top ? Gratte ? Ah oui ma tête. Immobile, ne bouge pas ta tête imbécile !!! Grip bien serré, dos bien droit, fesses sorties, jambes solides, épaules square, hanches légèrement inclinées… Et les mains ???” Oui vos mains où les mettez-vous à mi-swing ? Là ? Non, plus là vers l’épaule. Et le plan du shaft. Ah oui le plan, la pointe du manche qui doit aller en direction entre la balle et vos pieds. Et les hanches ? Ah oui mollo sur les hanches avec les wedges.”

Cette troisième balle partant bien à gauche, directement avec ce bon vieux coup d’épaule, vous permet d’apercevoir la partie qui vous précède se rendre au départ du 1.  Vous saisissez vite votre fer 7, bien décidé à taper de vrais coups, histoire de vous “libérer” de cette tension qui commence à vous envahir. Votre tête est remplie de toutes ces consignes. Et s’il n’y avait pas ce soleil qui vous gêne, sans parler de ce boucan des voitures arrivant et se garant. Si ces idiots cessaient de parler si fort cela serait plus facile aussi. Vos quelques balles iraient plus droit, plus loin, moins grattées et moins toppées, c’est certain. Les gens sont d’un sans-gêne !!! Il fait chaud tout d’un coup. Cette main droite sur le grip ne serait-elle pas trop “faible” ? Bizarre hier c’était si facile. “Attends attends, je monte les bras, à mi swing je tourne… non… je démarre d’un bloc, lentement… ah oui lentement… et je redescends lentement aussi… voilà… Non… aïe… un peu plus rapide quand même. M… !!! C’est quoi ces grattes aujourd’hui !!!”

Vous saississez vite votre driver et plantez un tee histoire “d’en claquer un quand même”. Badaboum. Pif paf pof font les arbres à quarante mètres sur votre droite. Mais vite… vous n’avez pas encore fait quelques putts. Vous rangez vos clubs, laissant une grosse moitié des balles à disposition. Vous tirez votre chariot en marchant très vite, jetez deux trois balles sur le green. Hop, le putter. Vous apercevez déjà votre partie de 8h12 attendant au départ. Vous faites alors vite fait quelques putts qui dépassent assez largement les trous que vous visiez sans vous aligner faute de temps et vous vous dîtes pour vous rassurer :” Me voilà débarrassé des mauvais putts de la journée !”

Alain, Jacqueline, Pascale vous regardent arriver au pas de course et vous lancent un :” Salut Georges, tu vas bien ? Tu as l’air un peu speed ce matin, mauvaise nuit ?”

“Mais pas du tout !” répondez-vous en prenant votre driver sans trop réfléchir. Alain a bien pris le sien. D’ailleurs avec un swing bien huilé il propulse la balle plein fairway. Les dames le félicitent. “Mais il est si court ce Alain !” pensez vous un peu narquois et bien décidé à en mettre “une grosse”. Vous vous dirigez alors à votre tour vers le tee, en apnée, (depuis quand n’avez vous pas pris le temps de respirer ?) avec encore ces mots qui cascadent dans un joyeux tumulte, tel un torrent de montagne, dans votre crâne : “hanches cool, grip pas trop faible, épaules comme-ci, fesses comme-ça, mains-là derrière l’épaule, plan du shaft et tête, oui immobile la tête et NE BOUGE PAS SUR TES JAMBES !!!…”

Bonne partie (de swing) Georges !

PS : ( Et courage Jacqueline, Pascale et Alain… courage pour votre partie de golf !!! )

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Sur Didier Brun

Passionné de golf depuis un autre millénaire, joueur senior amateur "lambda", avec ses hauts et ses bas (index 11,5). Je m'amuse à écrire à propos de différents aspects de ce sport merveilleux, en toute indépendance, tout en essayant de garder une bonne dose d'humour et d'auto-dérision. Les opinions que je diffuse avec plaisir sur ce blog n'engageant que ma modeste personne. Pour paraphraser Clémenceau : "La passion du golf est une affaire trop sérieuse pour la laisser (seulement) entre les mains des journalistes !"

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