Keihan Golf Club: le links le long de la rivière


Parce que le père d’une collègue possède un golf sur Osaka, je me retrouve au Keihan Golf Club, un links le long de la rivière Yodo. Une installation chargée d’histoire qui permet aux joueurs locaux de s’entraîner sur un parcours 18 trous étroit, venteux et plat; une topographie rarement rencontrée au pays du soleil levant.

Accompagné d’un ami golfeur japonais, je suis surpris lorsqu’il m’annonce que l’on est arrivé! Du siège passager, je ne vois qu’une zone industrielle avec des bâtiments en tôle de part et d’autre de la ruelle que nous empruntons. Et puis un panneau nous indique de prendre une courte route tortueuse qui monte sur ce qui ressemble à une digue. Une fois au sommet, le paysage s’ouvre sur le domaine et sur la ville. Le parking juste en face sépare le parcours 18 trous en deux. À notre droite, les 9 premiers trous et sur la gauche le reste.

En regardant à gauche depuis la digue, on aperçoit le retour et le green du 18.
Le parking et l’entrèe du golf coupe le parcours en deux.
Sur la droite, le premier trou.

La photo malheureusement ne rend pas honneur au paysage qui se déroule sous nos yeux. Ce golf niché sur les flancs de la rivière contraste de calme avec les bruits qui proviennent de l’urbanisme environnant.

Alors que que nous sommes sur la digue en train d’admirer le paysage, notre hôte, Kaoru Nishimura nous rejoint pour nous accompagner dans une expérience qui va dépasser toutes nos espérances.

Tour historique du complexe

Avant d’enchaîner les hooks et slices sur le parcours, il est temps d’apprendre un peu l’histoire du club. Nous sautons dans son minivan pour rejoindre un bâtiment qui servait de club house avant la pandémie.

Notre hôte, Kaoru Nishimura, a tenu à partager l’histoire du club et son parcours pour notre plus grand plaisir.

La visite du club house commence par le dernier étage. Dans une pièce, destinée à des réceptions avant la pandémie, le propriétaire des lieux s’est aménagé une zone d’entraînement professionnelle. Des bancs de musculation et un vélo d’appartement sont utilisés au moins 30 minutes par jour ainsi que le filet de practice, et sûrement l’un des nombreux clubs qui entourent la pièce. Pas étonnant que Kaoru-san soit un concentré d’énergie à 77 ans !

Nous nous posons dans l’ancien restaurant pour un café. Et l’histoire continue. En vrac et avec les traductions de mon ami japonais, je comprends que le club fait parti de l’un des 5 parcours au bord de l’eau que compte Osaka. Mais rien à voir avec les 40 que compte Tokyo. On apprend que 38 employés travaillent à temps plein sur le parcours, que tout a commencé en 1967. Le Keihan Golf Club est le 65ème parcours de golf construit sur l’archipel (aujourd’hui plus de 2000 parcours). Il nous raconte qu’il a joué le Japan Open en 1980. Un an avant que je sois né! Même après plus de 2 décennies à pratiquer, je suis toujours surpris que le golf soit un sport que l’on joue tout au long de sa vie. Puis il finit par nous dire qu’il s’organise pour transmettre les rênes comme son père l’avait fait avant lui.

Il est temps de se mettre en route.

Un sac de golf m’attend en bas. Tout y est; clubs, tees, balles et cadeau de départ.

Sac Keihan golf club
Mon sac de golf du jour a été préparé avec attention.

Dans le sac, tout en stiff. Le Driver et le bois 3 R7, une série du 4 au pitch Srixon Z765 avec des grips Golf Pride rouge et blanc tout neufs, 2 wedges Cleveland et un Newport de Scotty Cameron. Je suis un peu jaloux. C’est encore mieux que ce que j’ai à la maison!

Le parcours du Keihan Golf Club

panneau Keihan Golf Club

Pas le temps de s’échauffer. Une voix dans un haut-parleur annonce nos noms pour le départ du trou 1. Il est temps de découvrir ce 18 trous compact, par 64.

Dès le premier green, je suis interpellé par sa qualité. À la fois souple et roulant, leur état est irréprochable.

Pour un green-fee à ce prix (9000 yens soit 63 euros pour 18 trous), il est considéré comme un parcours accessible au Japon. et la qualité est irréprochable. La moyenne des prix s’échelonne entre 80 et 100 euros. Le golf au Japon est plutôt onéreux, mais il n’est pas rare d’observer de la route des filets de practice pour la pratique de tous les jours. D’ailleurs beaucoup de Japonais ne pratiquent le golf que sur ces installations.

Le parcours est compact et contient beaucoup de par 3 et 4. Mais même si je ne suis pas dans mes meilleurs jours, sûrement à cause de cette pluie fine qui vient nous refroidir alors qu’il fait 24 degrés, je suis abasourdi par l’attention au détail et la qualité d’entretien du parcours. Les bunkers sont ratissés par les joueurs. Il n’y a pas d’herbes folles qui couvrent les lèvres des bunkers. Les poubelles et les cendriers sont vidés régulièrement.

Enchanté de ne pas avoir eu à utiliser ces cabanes

Des abris tout au long du parcours permettent sûrement de se protéger des fortes précipitations lors de la saison des pluies. En jouant début Juin, je suis ravi de l’éviter de justesse !

Les 9 premiers trous s’enchaînent vite. Ils sont courts mais techniques et il faudra analyser les éléments avant de choisir le bon club. Sur quelques trous, on a la place de sortir le driver, même si le bois 3 fait largement l’affaire.

La tradition japonaise.

Nous arrivons à la fin des 9 premiers trous et la tradition veut que nous nous arrêtions pour manger quelque chose. Un subterfuge qui permet de caser plus de départs au trou 10, tout en fluidifiant le trafic sur le terrain. Nous avons une demie heure. Une tente dressée entre le 9 et le 10ème trou nous accueille les bras ouverts, ou plutôt le long du corps ou les mains jointes ! Au menu, un curry japonais, des Takoyakis (beignets de poulpe) et une bière.

Les 9 derniers trous même s’ils requièrent encore plus de précision, sont plus classiques. L’enchaînement de par 3 sur le 15, 16, 17 ne se dénote pas du reste du parcours. Mais le 18ème trou, un par 4, semble sonner la délivrance jusqu’au moment où l’on s’aperçoit que l’arbre planté au milieu du fairway sera soit dans le champ de vision au second coup si le drive est court, ou alors avec un drive assez long, ne sera qu’un obstacle passé.

Pour moi, ce sera un rebond miraculeux sur la droite du bunker de fairway. Un chip et un putt pour par. Suffisant pour avoir envie d’y retourner la semaine prochaine.

Le Keihan Golf club rassemble tous les éléments pour une parfaite journée que ce soit au niveau de l’entretien du parcours, ou des prestations. Rajoutez à cela l’histoire de ce patrimoine familial et l’expérience n’en devient que meilleure. Bref, un détour obligatoire lors de votre prochain passage à Osaka.

Photo couverture: Masahiro Nakamura

Verdict

Impression générale
Installations
Maintenance
Hospitalité

Un des 5 parcours links le long de la rivière Yodo que compte Osaka. Un passage obligé pour expérimenter une telle topographie et avec en plus une ambiance détendue et accueillante.

Sur Nicolas Bykoff

Ecrire sur le golf ? Pourquoi pas ? Cela fait plus de 10 ans que je joue au golf, et après avoir fait des stages d'arbitrages, eu ma licence d'agent de joueur, et avoir travaillé pendant trois ans en tant que starter, je m'octroie la légitimité d'écrire sur le golf.

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