Être agent sportif d’un golfeur: bien plus qu’un pourcentage


Oui c’est là où on ne veut pas forcément rentrer trop précisément dans les détails mais quand je me rémunère, il y a une part qui est prévue et un pourcentage sur les gains de contrat sponsoring ou contrat d’image. Et ensuite il peut y avoir un pourcentage sur les gains de tournois.

Comment ça se passe au niveaux des contrats d’équipementiers ? Tu ne vas te faire payer en balles et en sac ?

Effectivement il y a des clauses qui vont déterminer un droit à une valorisation et donc un pourcentage équivalent de celui qui a été négocié sur ces valorisations.
Après je vais être honnête, sur une petite dotation vestimentaire ou quoi que ce soit ce n’est pas intéressant. Cette clause là, elle sera plus valorisante avec un sponsor comme NetJet, qui en plus de la participation financière, va fournir des heures de vol.  Dans ce cas, ma société soit compensée à hauteur du pourcentage négocié sur la valeur des heures de vol que le joueur va avoir à sa disposition.

Et concernant la valorisation d’un sponsor vêtement ?
C’est là où il y a un transfert. Faire un calcul d’une valorisation de la dotation mais encore une fois le but c’est de savoir ce que le joueur va en faire. Mais il y a des fois une start up très prometteuse va promettre des parts à un joueur. C’est un exemple concret où on aura négocié un partenariat et il faudra calculer de façon plus précise.

Tu trouves des sponsors potentiels en dehors ou sur les tournois ?

Non plutôt sur les tournois. Je leur explique aussi il y a une part de coaching notamment avec des joueurs plus jeunes pour leur permettre de maximiser le potentiel d’un pro-am. Parce qu’un pro-am, c’est une partie avec trois amateurs qui vont qui vont être passionnés de golf et qui vont, dans la majorité des cas, avoir payé pour jouer.
Et au pire c’est de leur faire passer un bon moment. Le but pour eux c’est d’augmenter la taille de leur réseau. Si un des amateurs est chef d’entreprise ou responsable, c’est de repartir avec une carte de visite et un rendez-vous. Et on a des joueurs qui partent d’un pro-am avec un contrat de sponsoring. Ici je fais plus du coaching en amont ou voir même, on va préparer. Si on sait par exemple que demain tu vas jouer avec cette personne là qui est responsable d’une société de BTP. Tu vas travailler quelques points pour être prêt à tenir une discussion et à montrer qu’on a fait une certaine recherche sur la société sur la personne avec qui on veut travailler. Il y a un proverbe en anglais qui était utilisé par le coach de l’équipe de basket ball de fac, John Walden: « Ne pas rater sa préparation, c’est se préparer à se rater ».
Bien sûr il y a tout ce qui est la préparation au niveau du practice mais quand on a préparé un pro-am en faisant un peu de recherche ou quand on va aller démarcher un sponsor,  c’est que l’on a fait une recherche sur ces sociétés pour connaître leurs valeurs et comment elles communiquent.

La prospection se fait beaucoup en dehors du terrain. Cela peut être de la prospection pure et dure mais qui va s’appuyer sur du réseau.
La première chose que je fais c’est que je leur pose beaucoup de questions pour vraiment comprendre un peu comment leur business fonctionne comment ils communiquent, quels sont leurs objectifs. Comment est ce que leur force de vente s’ils en ont une fonctionne? Comment est ce qu’ils rencontrent leurs clients? Comment ils travaillent avec leurs collaborateurs?

Je préfère comprendre ce qu’une société va vouloir faire et m’adapter vraiment pour que cette proposition de partenariat soit précise et en phase et va pouvoir amener un retour quantifiable.

La relation des golfeurs à leur sport est intense. Est-ce que tu penses que cela facilite les choses? Notamment lorsqu’il s’agit d’engager les sponsors potentiels?

Je pense que c’est à peu près ce à quoi je m’attendais à quelques différences près. La grande variance c’est le niveau du golfeur parce que au final un golfeur qui est sur le Tour européen va avoir une plateforme de communication au niveau notoriété qui va commencer à être au niveau national. Après si on est dans l’élite on peut aller chercher des sociétés un peu plus grosses. Mais si on a des joueurs justement du Challenge Tour ou des tours satellites, on s’appuie sur tout ce qui est un réseau de proximité et des gens qui vont avoir une accroche ou ou ou un intérêt à communiquer dans le golf. C’est plus une démarche régionale. Ce qui implique des déplacements pour aller les rencontrer. Alors qu’au niveau national, on regarde plus sur Paris.

Que dis-tu aux joueurs qui n’ont pas envie d’un agent?

Au final, un agent peut apporter beaucoup plus en contrepartie de ce pourcentage.

À haut niveau, il faut un agent si tu veux progresser.
J’ai discuté avec une responsable sponsoring au sujet d’un joueur qui n’a pas d’agent. il ne veut pas perdre ce petit pourcentage. Mais au final quand on a un sport qui prend énormément de temps, il y a tellement de mental que l’on ne devrait pas se prendre la tête avec d’autres détails.
Dès que l’on a des inquiétudes financières qui arrivent ou autres, c’est là que tu gamberges. Quoi qu’il arrive, ça va te passer par la tête et tu ne te focus plus sur ton jeu. Au final, un agent peut apporter beaucoup plus en contrepartie de ce pourcentage.

Il y a des joueurs du Challenge Tour qui veulent s’occuper eux mêmes de leur logistique ou des choses comme ça. Il n’y a pas de problème. Après lorsque l’on arrive à des joueurs qui sont tout le temps à droite à gauche, il faut savoir déléguer ce genre de choses là. Et pour les contrats il faudra qu’il travaille avec un avocat et faire des allers retours dans la négociation de certains points.

Où est-ce que tu visualise SubPar dans quelques années?

À court terme l’idée c’est de faire du très bon travail et de devenir d’ici deux ou trois ans « l’agence référente en France ».
Mais mon but, c’est d’ici d’ici 5 ans de vraiment m’ouvrir à l’international et de pouvoir ouvrir une filiale à Atlanta, une ville que je connais bien qui permette de constituer un tremplin pour mes joueurs vers le PGA Tour. Parce qu’il ne faut pas se voiler la face, tout le monde souhaite jouer sur le premier tour à l’image de Rory qui en a parlé longuement. Le fait d’avoir une filiale à Atlanta ce serait vraiment un gros plus. Parce que ça permet d’avoir un pied à terre aux Etats-Unis qui permet d’aider les joueurs qui seraient sur le Tour mais aussi d’aider aussi des joueurs qui veulent aller chercher des conditions optimales l’hiver pour aller s’entraîner que ce soit au sud de la Géorgie ou même en Floride.

Interview édité et corrigé pour une meilleur compréhension.

À propos Nicolas Bykoff

Ecrire sur le golf ? Pourquoi pas ? Cela fait plus de 10 ans que je joue au golf, et après avoir fait des stages d'arbitrages, eu ma licence d'agent de joueur, et avoir travaillé pendant trois ans en tant que starter, je m'octroie la légitimité d'écrire sur le golf.

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